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« Un orchestre au drôle de nom (...) Le Peuple de la cave est un ensemble de musique baroque, basé à  Saint-Denis chez l'un de ses membres (...) dans la cave duquel ils répètent. D'où le nom de l'orchestre. » Benoit Lagarrigue, Journal de Saint Denis, Mars 2007


On notera que "The Cave" désigne l'antre des sorcières dans certains "masks" anglais, et que l'on y entend des rires et des imprécations; que "la cave" fut longtemps associée à des pratiques musicales variées (ex : "je joue du rock dans ma cave"); qu'une des meilleures choses au monde -le vin- se conserve au mieux et longtemps dans une cave, y mature à loisir avant d'être révélée au grand jour; que divers mythes, enfin, antiques ou modernes, cautionnent suffisamment les associations d'idées les plus nobles pour autoriser l'humble usage d'une topographie (caverne, gouffre, abîme, Enfers, labyrinthe,...) à des fins de manifeste, sans qu'il soit besoin de trop s'y attarder.

 

Dans le sillage des maîtres défricheurs de la première vague du baroque ces musiciens ont ouvert leur propre voix/e, un son venu d’en bas.

A l’instar des mythes de descente aux Enfers (ne retenons que le plus célèbre mis en musique  par Monteverdi,l’Orfeo), les musiciens entendent par « la Cave » une variété de références dramatiques, picturales et musicales courantes aux 17ème et 18ème siècle mais aussi un sens symbolique, une démarche déjà mise en lumière par les théoriciens de la renaissance italienne : descendre en soi-même afin d’y retrouver les cheminements émotionnels par lesquels on peut recréer une situation dramatique crédible.

Un souhait autour duquel l’ensemble travaille : faire correspondre à une filiation philosophique d’auteurs liés à la musique du 17ème italien (depuis Aristote et en passant par Castiglione, Tasso et les « académies »)  une énergie en concert afin de ne pas confondre « le veuf et l’époux », pour reprendre les mots de Joël Heuillon citant Caccini.

Le Peuple de la Cave a fait le choix de l’intensité sonore correspondant en toute logique à la force des textes mis en musique à l’époque, notes jamais banales émanant de mots à la charge émotionnelle forte.